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Découvrez l'école de Donnezac

Pourquoi une grève le 12 février ?

8 Février 2013 , Rédigé par parentselevesdonnezac.over-blog.com Publié dans #Actualités

LES   ENSEIGNANTS  S’ADRESSENT  AUX   PARENTS  D’ ÉLÈVES

 

       Le ministre de l’Education Nationale entend adopter prochainement un projet de loi dit : ‘’de refondation de l’école‘’ complété par un décret modifiant les rythmes scolaires.

 

Ces deux projets, s’ils aboutissent, vont remettre en cause la laïcité et, pour une partie des missions de l’école : la gratuité et l’obligation scolaire.

 

Les médias, par des reportages orientés et en éludant les points qui prêtent à polémique, laissent à penser que cette réforme est nécessaire et qu’elle œuvre pour l’intérêt des élèves ; les enseignants attachés à leurs soi-disant ‘’privilèges’’ seraient réactionnaires et ne se préoccuperaient que de leurs propres intérêts.

A aucun moment, les enseignants n’ont été consultés sur cette réforme, même si beaucoup pensent qu’il faut effectivement réfléchir au rythmes scolaires, et pas seulement en primaire mais aussi au collège et au lycée.

 

Nous pensons que, face à cette campagne de calomnie, nous avons un droit de réponse. Il est nécessaire de rétablir la vérité :

 

1° élément : 80 000 postes ont été supprimés entre 2009 et 2012.

Pour suppléer au manque de remplaçants, des jeunes étudiants contractuels sans aucune formation (contrats d’avenir) ou des professeurs d’école stagiaires avec une formation au rabais assureront des tâches d’enseignement. 

En conclusion : les élèves continueront à être aussi nombreux par classe, voire plus.

 

2° élément : La réforme Darcos (ministre de l’E-N de 2007 à 2009) a supprimé  72 heures d’enseignement annuel pour l’ensemble des élèves (60 heures d’aide personnalisée dont très peu d’enfants bénéficient et 12 heures de réunions et de formation supplémentaires pour les enseignants) ce qui représente 3 semaines de classe par année scolaire (3x24 heures).

 

Si Mr Peillon voulait œuvrer pour l’intérêt des élèves, ne devrait-il pas restaurer ces heures en heures d’enseignement ? Il n’en est aucunement question dans le projet de réforme.

 

3° élément : Une des devises de l’école publique ‘’la laïcité’’ (l’indépendance de l’école face à toute influence politique, religieuse ou philosophique) est mise à mal.

 

Avec la réforme Peillon, chaque commune devrait mettre en œuvre un Projet Educatif Territorial (PET !) comprenant des activités artistiques, sportives et culturelles hors temps d’enseignement mais aussi pour un volume horaire qui reste à définir sur des activités purement scolaires.

Comme la municipalité financera, les Maires auront leur mot à dire pour juger des activités qui sont de ses attributions imposant ainsi une empreinte politique dans l’école.

 

4°élément : L’aide financière de l’Etat allouée aux municipalités (pour celles s’engageant à appliquer la réforme dès la rentrée 2013) pour l’organisation des activités périscolaires dans le cadre des P-E-T est insuffisante pour couvrir l’ensemble des frais engendrés pour le recrutement et pour la formation des personnels.

Les communes vont donc devoir trouver des moyens financiers

une partie sera délivrée par la CAF (Caisse d’Allocations Familiales) ;

l’autre : soit en demandant une participation aux familles selon les activités suivies ou soit par la recherche de fonds privés d’entreprises).

 

On comprend bien que les communes riches sont favorisées car elles bénéficient déjà d’un tissu associatif développé. Mais qu’en est-il pour les petites communes ? Comment tout concilier quand elles voient leur budget diminuer d’année en année ?

 

Pour ces dernières, la tentation sera grande d’allonger la pause méridienne (exemple : de 12 h à 14h30) sous prétexte de mieux organiser le service de cantine et en organisant un minimum d’activités pour les enfants ou en faisant uniquement de la garderie. Ensuite ils auraient classe de 14h à 16h30. D’autres écoles pourraient fonctionner de 9h à 12h et de 13h30 à 15h45.

 

Le mercredi matin les enfants se lèveront aussi tôt et les activités personnelles devront être reportées sur l’après-midi engendrant un surcroît de fatigue.

Certaines communes pourront déroger au mercredi matin pour instaurer le samedi matin. Cela posera des problèmes pour les parents divorcés remettant en cause les visites.

 

Pour éviter aux municipalités d’avoir recours à trop de personnels le gouvernement va accorder un assouplissement des taux d’encadrement, c'est-à-dire plus d’enfants à surveiller pour une personne (ce qui n’est pas sans conséquence sur la sécurité).

 

D’autres questions se posent :

  - La qualification des personnels intervenants ?

  - Dans quels lieux ?  (Les locaux ne sont pas extensibles à souhait.)

  - Quelles activités devraient être proposées ?

De plus celles-ci ne sont pas obligatoires, il a été confirmé que si l’enseignement finissait plus tôt (15h30 par exemple) les parents pourraient récupérer leurs enfants avant 16h30.

 

En conclusion :

Ce décret sur les rythmes scolaires est d’une grande confusion.

Force est de constater que cette réforme ne permet pas d’améliorer les conditions d’enseignement, au contraire elle creuse encore plus les inégalités.

Peu de moyens supplémentaires (pas de baisse des effectifs par classe, quelques promesses sur le numérique non budgétisées, RASED insuffisant, un contingent d’enseignants remplaçants de moins en moins formés…)

Cette réforme met en défaut les valeurs fondatrices de l’école publique (laïcité, gratuité) dans une République une et indivisible pour laisser place à une école qui serait de plus en plus sous l‘autorité des élus locaux imposant telle ou telle politique.

 

Parents, comme nous, vous êtes attachés à notre système éducatif comme service public qui accueille gratuitement les enfants de la Nation et délivrant un enseignement établi sur des programmes nationaux. Aujourd’hui il y a une réelle menace pour l’instruction de nos enfants. L’Etat en commençant à transférer une partie de ses missions vers ‘’les territoires’’, sans réellement donner les moyens nécessaires va aggraver les inégalités entre les écoles en créant des castes : ‘’les écoles des riches’’ et ‘’les écoles des pauvres’’.

Toutes ces tentatives dans un seul but : réduire les déficits publics et mettre en confiance les agences de notation qui délivrent le fruit de leur évaluation aux banques qui, par le biais des taux d’intérêt, œuvrent pour enfoncer un peu plus le pays dans la crise ou non selon leur capacité à instaurer l’austérité (plus de profits moins de service public).

Non, nos enfants ne sont pas des valeurs marchandes !

Nous tenons à l’école de la République, fruit de plusieurs siècles de lutte, garante de la démocratie et éprise de plus de justice sociale.

 

Parents, nous sollicitons donc votre soutien pour les actions que nous engageons contre ces projets :

 

en soutenant notre commune et l’équipe municipale qui a décidé de reporter le projet à la rentrée 2014 (en attendant mieux).

 

D’autre part, malgré le désagrément que va occasionner la grève du 12 février, merci pour ceux qui le pourront de venir manifester à nos côtés. Le Maire a d’ailleurs pris la décision de ne pas assurer le service minimum d’accueil pour soutenir ce mouvement de protestation ; il n’y aura ni ramassage scolaire en primaire, ni cantine, ni garderie.

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